Tampon dateur ou numéroteur : lequel choisir ?


Les deux se ressemblent, coûtent à peu près le même prix et se rangent dans le même tiroir. Pourtant ils ne répondent pas du tout au même besoin : le dateur horodate, le numéroteur séquence. L’un répond à la question « quand ? », l’autre à la question « dans quel ordre ? ». Choisir le mauvais, c’est se retrouver à écrire à la main ce que le tampon aurait dû faire.

Le tampon dateur : dire quand

Le dateur porte des molettes tournantes — jour, mois, année — que l’on fait défiler à la main. Il imprime une date que l’on modifie chaque matin, ou à chaque changement de besoin.

On le rencontre partout où la date fait foi :

  • réception du courrier et des colis, pour attester d’une date d’arrivée ;
  • accusés de réception et enregistrement de dossiers ;
  • contrôle qualité et suivi de production ;
  • gestion documentaire : date de traitement, de vérification, de classement.

Deux variantes existent. Le dateur simple n’imprime que la date. Le dateur à texte, plus utile en entreprise, encadre la date d’une mention fixe gravée : « REÇU LE », « PAYÉ LE », « TRAITÉ LE », ou le nom de la société au-dessus et la date en dessous.

Points de vigilance à l’achat

  • La plage d’années gravée sur la molette est limitée, souvent à une douzaine d’années. Vérifiez qu’elle couvre un horizon raisonnable.
  • Le format de date varie : jour en chiffres, mois en lettres abrégées ou en chiffres. Le mois en lettres évite toute ambiguïté avec les correspondants étrangers.
  • La hauteur des chiffres (3 ou 4 mm en général) détermine la lisibilité sur les documents photocopiés.

Le tampon numéroteur : dire dans quel ordre

Le numéroteur possède un mécanisme à roues chiffrées qui s’incrémente automatiquement à chaque impression. On le règle une fois, il compte tout seul.

Ses usages sont différents :

  • numérotation de dossiers, de pièces comptables, de bordereaux ;
  • pagination de registres et de documents reliés ;
  • tickets et bons séquentiels ;
  • traçabilité en production ou en archivage.

Le paramètre déterminant est le mode de répétition. Un numéroteur se règle pour avancer d’un cran à chaque frappe, mais aussi pour répéter le même numéro deux, trois ou quatre fois avant d’incrémenter — indispensable quand un même numéro doit figurer sur un original et ses copies.

Points de vigilance à l’achat

  • Le nombre de roues (4, 6 ou 8 chiffres) fixe le plafond de la série. Six roues autorisent 999 999 documents.
  • Le sens de progression : la plupart des modèles montent, certains peuvent décompter.
  • La possibilité de remise à zéro, utile en début d’exercice comptable.

Tableau comparatif

Critère Tampon dateur Tampon numéroteur
Question traitée Quand ? Dans quel ordre ?
Réglage Manuel, à chaque changement de date Automatique à chaque frappe
Usage phare Réception, accusé, contrôle Dossiers, pièces comptables, registres
Texte fixe possible Oui (« REÇU LE ») Rarement
Risque d’erreur Oublier de changer la date Décalage après une frappe ratée

Peut-on avoir les deux sur un même tampon ?

Oui, des modèles combinés existent, associant molettes de date et roues de numérotation. Ils sont précieux pour l’archivage réglementaire, où chaque pièce doit être à la fois datée et numérotée.

Leur revers est mécanique : plus de pièces mobiles, donc plus de réglages à surveiller et une usure plus rapide. Pour un usage intensif, deux outils séparés restent souvent plus fiables — et plus rapides, puisque l’on n’a pas à vérifier deux réglages avant chaque frappe.

Trois erreurs d’usage classiques

  • Oublier de tourner la molette du dateur. Un courrier daté de la veille perd toute valeur d’attestation. Le réflexe : régler le dateur en même temps qu’on ouvre le courrier, chaque matin.
  • Tamponner à cheval sur deux feuilles avec un numéroteur : le numéro s’incrémente quand même, et la série présente un trou inexpliqué lors d’un contrôle.
  • Négliger l’encrage. Ces mécanismes comportent davantage de reliefs mobiles qu’un tampon classique ; ils s’encrassent plus vite. Voir notre guide sur le rechargement et l’entretien.

Questions fréquentes

Le dateur a-t-il une valeur juridique ?

Pas en lui-même. Il constitue un élément de preuve interne, comme un cachet de réception, mais n’a pas la force d’une date certaine au sens juridique. Le raisonnement est le même que pour le cachet d’entreprise.

Peut-on ajouter le nom de la société sur un dateur ?

Oui, c’est même l’usage le plus répandu en entreprise : mention fixe gravée au-dessus, date mobile en dessous. Il faut alors prévoir un format un peu plus grand, comme expliqué dans notre guide des tailles et nombres de lignes.

Que faire si le numéroteur se dérègle ?

La plupart des modèles disposent d’une molette de remise à zéro accessible au dos. En cas de saut de numéro constaté sur un registre, il est plus propre de noter l’incident que de tenter de rattraper la série.

Quel format choisir ?

Un dateur courant tourne autour de 4 mm de hauteur de chiffres, ce qui reste lisible après photocopie. Pour un usage sur documents reliés ou colis, préférez un modèle à chiffres de 5 mm.

À retenir

Posez-vous une seule question : ce que vous devez prouver, est-ce une date ou un ordre ? Réception de courrier, contrôle, accusé : dateur. Dossiers, pièces comptables, registres : numéroteur. Et si les deux sont nécessaires quotidiennement, deux tampons encreurs distincts vous serviront mieux qu’un modèle combiné.