Quel fichier fournir pour graver son logo sur un tampon ?


Vous envoyez votre logo, et la maquette revient avec un dessin empâté où le nom de l’entreprise a disparu. Le graveur n’a pas mal travaillé : le fichier fourni n’était pas gravable. Un tampon ne reproduit pas une image, il creuse une matière. Cette contrainte élimine d’emblée les dégradés, les couleurs et les traits fins. Voici ce qu’il faut fournir pour obtenir une empreinte nette.

Le principe : la gravure ne connaît que deux états

Une plaque de tampon est composée de zones en relief, qui prennent l’encre, et de zones en creux, qui n’en prennent pas. Il n’existe aucun état intermédiaire. Tout ce qui est gris, transparent ou dégradé doit être tranché : soit ce sera plein, soit ce sera vide.

C’est pourquoi un logo pensé pour l’écran ou pour l’impression quadri ne se transpose jamais tel quel. Il faut en préparer une déclinaison monochrome, souvent appelée version « noir et blanc au trait ».

Le bon format : vectoriel avant tout

Format Type Adapté à la gravure ?
.ai, .eps, .svg, .pdf vectoriel Vectoriel Idéal — redimensionnable sans perte
.png avec fond transparent Matriciel Acceptable en haute résolution
.tif, .bmp haute définition Matriciel Acceptable
.jpg Matriciel compressé Déconseillé — bords sales
Capture d’écran, image de site Matriciel basse déf. Inutilisable

Le vectoriel décrit le logo par des courbes mathématiques : il s’agrandit ou se réduit sans jamais perdre en netteté. C’est exactement ce dont a besoin un graveur qui doit adapter votre logo à une plaque de 15 mm de haut.

Si vous ne disposez que d’une image matricielle, visez au minimum 600 dpi à la taille finale d’impression — soit une image large et nette, pas la vignette de votre site.

Les cinq critères d’un logo gravable

  1. Monochrome. Une seule couleur, sans nuance. Convertissez les gris en noir plein ou supprimez-les.
  2. Sans dégradé ni transparence. Un dégradé se traduit par une zone soit pleine soit vide, rarement conforme à l’intention d’origine.
  3. Traits suffisamment épais. En dessous de 0,3 mm à la taille finale, un trait ne survit pas : il se casse ou se remplit d’encre.
  4. Contreformes dégagées. Les espaces intérieurs — le trou d’un « e », l’espace entre deux lettres serrées — doivent mesurer au moins 0,3 mm, sinon l’encre les comble et le motif devient une tache.
  5. Fond transparent ou blanc franc. Un fond gris clair sera interprété comme une zone à encrer.

Ce qui ne passe jamais

  • Les photographies. Un visage, un bâtiment, une texture : la gravure ne restitue pas les demi-teintes.
  • Les effets d’ombre portée et de relief. Ils reposent sur des gris : ils disparaissent ou empâtent le motif.
  • Les typographies très fines ou script. Une écriture manuscrite élégante à l’écran se casse à 3 mm de haut.
  • Les motifs trop détaillés. Un blason chargé, une carte, un dessin au trait dense : il faut le simplifier avant de le graver.

Adapter son logo : la méthode

Si votre logo est riche, ne renoncez pas — simplifiez-le. La démarche tient en quatre gestes :

  1. Isoler l’élément identitaire. Souvent, le symbole seul suffit ; le baseline et les mentions secondaires peuvent disparaître.
  2. Passer en noir plein. Supprimer couleurs, dégradés et effets.
  3. Épaissir les traits fins et écarter légèrement les éléments trop serrés.
  4. Tester à la taille réelle. Imprimez le logo à la dimension prévue sur le tampon, en noir, et regardez-le à bout de bras. Ce que vous ne distinguez pas sur le papier ne sortira pas à l’encre.

Ce test d’impression à taille réelle est le meilleur contrôle qui soit, et il ne coûte rien.

Logo seul ou logo avec texte ?

Trois configurations se rencontrent :

  • Logo à gauche, texte à droite — le plus courant en entreprise, il demande un format large type 58 × 22 mm.
  • Logo au-dessus, texte en dessous — plus compact, adapté aux formats carrés et ronds.
  • Logo seul — élégant, mais il ne reporte alors aucune des mentions d’identification que vous devez faire figurer sur vos documents. Voir notre article sur les mentions du tampon d’entreprise.

Comptez environ un tiers de la surface pour le logo : au-delà, le texte devient trop petit. Notre guide des formats et du nombre de lignes détaille les arbitrages.

Le bon à tirer : le moment décisif

Avant gravure, le fournisseur envoie une maquette à valider. Trois vérifications valent la peine d’être faites posément :

  • Relire les chiffres — SIREN, téléphone, code postal — caractère par caractère, à voix haute si nécessaire.
  • Contrôler les espaces intérieurs du logo en zoomant à 400 %.
  • Vérifier la marge périphérique, environ 2 mm, pour éviter un texte au ras du bord.

Une fois la plaque gravée, aucune correction n’est possible : il faut la refaire.

Questions fréquentes

Je n’ai que mon logo en JPG, que faire ?

Demandez le fichier source à votre graphiste. À défaut, un logo simple peut être revectorisé, mais un logo complexe demandera une reprise du tracé.

La couleur du logo compte-t-elle ?

Non pour la gravure, qui est monochrome. La couleur du rendu final dépend de l’encre, pas du fichier. À choisir selon votre usage : voir notre article sur l’encre adaptée au support.

Peut-on graver un QR code ?

Techniquement oui sur un grand format, mais la lecture est aléatoire : la moindre bavure d’encre casse le décodage. Prévoyez un module d’au moins 0,5 mm et testez avant de commander en série.

Quelle taille minimale pour un logo lisible ?

Environ 10 mm de côté pour un symbole simple. En dessous, seules les formes les plus épurées restent identifiables.

À retenir

Fournissez un fichier vectoriel, monochrome, sans dégradé, avec des traits d’au moins 0,3 mm et des contreformes dégagées. Testez le logo imprimé à taille réelle avant de valider. C’est cette préparation, plus que la machine, qui détermine la netteté d’un tampon encreur personnalisé.